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Laos - Champasak


de Herve, 08-06-2007

Au milieu des rizieres


Champassak est un peu plus au sud, sur l'autre rive du Mekong. Nous nous y rendons en tuk-tuk : c'est le meme prix qu'en car (pour nous, parce que nous sommes 5), et nous sommes au grand air. Il nous laisse sur la rive gauche du Mekong, avec Micha, un allemand arrivant du Cambodge que nous avons charge sur la route, et nous traversons avec un piroguier pour 20 centimes d'euro par personne. C'est un peu plus cher qu'avec le gros bac, mais il aurait fallu attendre qu'il soit plein.
A l'arrivee de l'autre cote, comme par hasard, un patron de guest house nous attend avec son tuk-tuk. Il passe 10 touristes par jour grand max ici, il doit avoir des accords avec quelqu'un sur l'autre rive pour etre prevenu. Et comme il parle francais et qu'il a l'air sympa, on le suit pour voir ce qu'il nous propose. De toutes facons, pas grand chose pour loger ici. La ville est composee de quelques maisons autour d'une rue principale, aucun hotel. Sa guest house est une maison extremement bordelique en bord de mekong, avec des chambres sans draps ni salles de bains, et aux murs en bambou. 2 chambres "VIP", sales, mais avec salle d'eau font notre (presque) bonheur. Nous prenons nos repas sur sa grande terrasse surplombant le mekong, tres sympa. La nourriture est correcte, si on fait abstraction de l'etat de salete de la cuisine.
Nous sommes ici loin des zones touristiques, et bien que ca complique un peu le logement, la nourriture et les visites, nous apprecions. Nous partons le lendemain a velo pour aller visiter le sitre pre-angkorien de Wat Phou. 10 km sous grosse chaleur, avec Pierrick et Kael sur les porte bagages. Nous traversons les rizieres, c'est la periode du repiquage du riz, et les vacances scolaires ont commence pour que les enfants puissent aider. Les familles sont donc toute la journee dans les champs, avec de la boue jusqu'a mi-mollet. Pierrick est malade a l'arrivee sur le site, et il vomit tout ce qu'il a mange le matin. Un musee a l'entree du site lui permet de rester un peu au frais. Nous y decouvrons des sculptures superbes datant du 5e siecle, avec des inscriptins en sanscrit. Comme partout dans le pays, le musee se visite pieds nus, et nous avons pris l'habitude de laisser nos tongs devant les musees, guest-houses, cybercafes et restaurants. Le site lui meme est un peu plus haut, et nous y allons les uns apres les autres en se relayant pour rester aupres de Pierrick qui ne peut monter les centaines de marches de ce site a flanc de montagne. Les batiments sont en ruine, pas de moyens pour le restaurer ... c'est dommage ! Malgre cela, la vue d'en haut vaut son pesant de sticky-rice : une plaine a perte de vue, moitie foret, moitie rizieres.
Alors que nous reprenons les velos pour repartir, l'un d'eux est creve. Nous cherchons un reparateur : il y en a un juste a la sortie du site. Chance, hasard, coup monte ? Peu importe, les enfants le regardent avec interet reparer la chambre a air avec du caoutchouc liquide, puis cuire le tout sous une presse bricolee avec une semelle de fer a repasser ... nous deboursons 40 centimes. Nous rentrons avec Pierrick sur le porte bagages d'Erwan, qui arrive en nage a Champassak.
Soiree tranquille sur la terrasse, avec le coucher de soleil sur le mekong, et des dizaines de grenouilles qui viennent prendre le frais avec nous. Et malgre toutes ces grenouilles et ces margouillas, il reste encore des moustiques.
Nous partons le lendemain visiter le temple de Phou Assa, situe sur un plateau volcanique qui domine la region. La encore, il faut se debrouiller. Apres avoir traverse la riviere en pirogue, nous trouvons un tuk-tuk qui veut bien nous y emmener a un prix raisonnable. Nous comprenons pourquoi une fois partis : nous avons le plus vieux tuk-tuk de tout le pays, avec probablement le plus vieux chauffeur. Il nous faut 1h30 pour faire les 30 km, dont 10 de piste abimee par les fortes pluies de ces derniers jours. Le point de depart de la rando pour Phou Assa est au "village des elephants". Pas un elephant en vue, quelques maisons en bord de piste, quelques hommes faisant la sieste sous un abri en feuilles, et un panneau disant que pour monter a Phou Assa, un guide est obligatoire. Nous demandons au groupe de dormeurs, et l'un d'eux nous demande de le suivre. Il nous mene vers une cabane, y entre, sort une petite boite en fer dont il extrait sa carte officielle de guide. Nous le suivons donc pendant nos 2 heures de rando, et n'echangerons pas un mot avec lui. Il part devant, verifiant qu'on le suit, nous mene au milieu d'un temple probablement ancien (il ne reste que quelques colonnes en pierres seches), nous laisse le temps de prendre quelques photos depuis ce plateau volcanique qui domine la foret, et redescend. Nous nous quittons avec une poignee de main, et 4 dollars de remuneraton fixe.
Le retour en tuk-tuk est long et cahotique, d'un autre cote, nous avons tout notre temps. Nous retrouvons les environs de Champassak, avec ses rizieres a perte de vue, nous ne nous lassons pas.
Notre guest-house s'est remplie, et nous rencontrons Ji Souk, Sebastien, Romain, Hiske et Roger. Ils ont tous un point commun : il ont deja rencontre Garance et Jeremie (nos amis belges voyageant solidaire) quelque part au Laos, et ont entendu parler de nous. Ils ont tous suivi des chemins passionnants jusqu'ici, et nous parlons beaucoup. Ji Souk est une francaise d'origine coreenne, nee au soudan, et qui vient de finir un doctorat en droits de l'homme (je ne savais meme pas que cela existait). Elle vient dans la region voir ce que sont les actions de terrain des ONG. Hiske et Roger sont des hollandais habitant en Suisse, qui viennent de traverser l'Afrique noire d'ouest en est, avant de rejoindre le Nepal pour traverser l'Asie. Sebastien bosse pour une ONG a Paris et prend 1 an de vacances pour voir en vrai, et Romain arrive du Khazakhstan, ou il a travaille 1 an, et prend le chemin le plus long pour rentrer en France.
Nous retrouvons avec plaisir et emotion ces longues discussions que nous avons tant appreciees en Amerique du Sud, avec des voyageurs riches d'anecdotes de voyage et de particularites individuelles.

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