
Nous basculons de l'autre côté de la grande terre en quittant Bourail et filons sur Poindimié. La côte ouest est restée caldoche (blanche), alors que la côte est est redevenue Kanak après les évenements de 89, avec des terres rendues aux tribus, après presque 100 ans de spoliation. Nous logeons au gite Néwé Jié, perdu en peine brousse au sud de Poindimié. Nous logeons dans un bungalow en bois, au milieu d'une végétation luxuriante, et avons enfin une cuisine commune qui nous permet d'arrêter de manger "pâté-vache qui rit". Dès notre arrivée, les enfants filent avec Max et Ben, les enfants du gite, à la rivière. Ceux-ci rentrent de l'école. Ils enfilent un maillot, et partent tous nu pieds à travers la forêt pour rejoindre un trou d'eau dans la rivière, avec une corde pour se balancer à l'eau. Ils reviennent ravis !
Nous profitons un peu de ce coin tranquille le lendemain, et partons pour découvrir la côte et ses cascades samedi. Nous découvrons la célèbre "poule de Hienghène", roche noire en forme de poule qui émerge de l'eau en face de Hienghène, les falaises de lindéralique, faits de cette même roche, noire, qui se dressent à la verticale de l'océan. Nous traversons beaucoup de rivières qui descendent des montagnes et se jettent dans la mer, nous découvrons le village de Hienghène, charmant, puis montons sur la Ouaième. C'est une rivière que l'on traverse avec un vieux bac, à cause d'une légende Kanak. Un monstre moitié requin et moitié géant vivrait dans la rivière. Un pont l'empêcherait de circuler librement et déclencherait sa colère. Le bac fonctionne donc 24h/24, en dehors des pannes ! Et c'est bien plus sympa de traverser en bac qu'avec un pont.
Au nord de la Ouaième, le bord de mer voit se succéder plein de cascades, la montagne étant plus haute et plus proche du bord de mer. Nous stoppons non loin des cascades de Tao, et prenons un petit chemin dans la forêt qui y conduit. Nous y arrivons rapidement et montons le long de nombreuses vasques qui se succèdent, les unes au dessus des autres. C'est superbe, sauvage (nous sommes presque seuls), et nous trouvons de gros rochers sculptés par l'eau, à l'ombre, pour pique-niquer. Un bon bain de cette eau fraiche nous fait du bien ... est-ce qu'on en choque certains en disant que la mer est trop chaude ?
Dimanche, nous passons la journée à Poindimié, accueillis par une famille rencontrée à Wellington 6 semaines plus tôt. Ils habitent ici, et nous préparent de superbes fruits de mer, puis nous emmènent sur un petit ilot désert, au large de Poindimié, avec leur bateau. Nous faisons le tour de cette ile en moins d'un quart d'heure, y ramassons plein de beaux coquillages, et nous baignons dans l'eau, chaude certes, mais très agréable.
Cette région nord est de la grande terre est très accueillante et préservée. Quelques magasins d'alimentation dans les villages, et c'est tout. Une médiathèque tout de même à Poindimié, dans laquelle nous avons assisté vendredi soir à une projection d'un documentaire local sur le renouveau de la culture Kanak à travers la musique, et les difficultés de structurer un mouvement politique en région nord.
Une particularité de cette région, les petits marchés : on trouve, en bord de route, des petits étals avec des fruits et légumes. Les prix sont indiqués, et on laisse dans une boite le réglement de ce que l'on prend. Le vendeur habite généralement la maison pas loin. Pas de surveillance, pas de vol, que de la confiance ... c'est très agréable. Seul problème : si on n'a pas de monnaie et que la boite est vide. |